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Un vrai workflow Multicam

Les doutes sont de moins en moins permis quand à la place que FCPX finira bien par se faire dans les workflows professionnels: Autodesk avec Smoke permettra bientôt des imports de montages FCPX pour du finishing pendant que X2Pro qui vient d’être updaté exporte lui les Roles Audio vers ProTools. Et ce n’est qu’un début.

Softron Media Services, moins connu peut-être, est une société basée à Bruxelles qui depuis 25 ans propose des solutions broadcast. Avec une solide expérience sur Mac, ils ont développé des outils tels que Movie Recorder (qui permet de commencer le montage avant d’avoir fini la digitalisation d’un flux vidéo) et une pléthore d’applications liées à la diffusion. (Un bon article mais qui date un peu ici)

Suite logique du développement Multicam de Movie Recorder, c’est Multicam Logger qui est annoncé aujourd’hui au NAB: une application qui, reliée au mélangeur de la régie, prend note de toutes les coupes effectuées par le réalisateur. Une fois les clips des caméras divergées associées, Multicam Logger crée un clip Multicam pour Final Cut Pro X.

Le logiciel est directement compatible avec les mélangeurs ATEM de BlackMagic Design. Les crosspoints du mélangeurs apparaissent dans la fenêtre de Multicam Logger à travers une simple connexion réseau. On peut même voir quelle source est au Preview du mélangeur.

Pour les autres mélangeurs, le lien se fait via un boîtier GPI Commander et ce sont les commandes GPI qui permettent à l’application d’enregistrer la commutation des source et les TC in et out de la sélection faite au programme.

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Une fois l’enregistrement terminé il suffit de glisser-déposer les clips sur l’interface de Multicam Logger. Un Clip Multicam est ensuite généré qui comprend toutes les coupes faites au programme. On peut donc retravailler les coupes dès que ce clip est dans FCPX.
Plusieurs solutions sont possible pour l’enregistrement des flux. Softron privilégie bien sûr son produit Movie Recorder sur un Mac mais tout clip enregistré sur un KiPro AJA ou l’Hyperdeck de Blackmagic fonctionne aussi.
Il y a peu ce genre de production demandait soit des magnétoscopes DigiBeta ou des serveurs multicanaux type Profile ou EVS et une salle de montage linéaire pour la post prod. Là aussi la technologie fait un bon en avant dont la conséquence est la baisse des coûts de production. A mon sens le choix de FCPX comme plateforme de montage, plutôt que Avid prouve la confiance que Softron a dans l’engin qui se cache derrière la belle carrosserie de FinalCut Pro X. Apple à fait du XML la base de sa stratégie d’Import/Export et ce choix est validé par les autres fabricants.
Ah, le prix de Multicam Logger?
695 euros. Cher pour un freelance mais peanuts pour une chaîne vu les gains obtenus avec un tel logiciel

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©IBC

Avec un peu (beaucoup) de retard sur tout le monde, j’aimerais vous décrire quelques moments de mon séjour à l’IBC 2011.

J’y suis allé tardivement, les deux derniers jours. Plusieurs avantages à ça: d’autres avaient débroussaillé le terrain, les fabricants avaient tous fait leurs annonces, et avec un peu de chance, il y aurait un peu moins de monde et… plus de chambres d’hôtel disponibles.

Désavantages: toutes les partys des fabricants étaient terminées, les exposants étaient fatigués, bien qu’encore vaillants, et je ratais mon premier Supermeet.

ARCHIVAGE

Cette année j’étais particulièrement à la recherche de solutions d’archivage, tant ce problème devient aigu pour de nombreuses sociétés, grandes et moins grandes. Les produits qui m’ont le plus intéressé répondent aux besoins d’utilisateurs de plusieurs types.

On commence par des solutions pour petits besoins et petits budgets, avec Cache-A, qui propose des produits simples et relativement bon marchés tout intégrés:
Le modèle Prime Cache est une première solution pour individuels ou petites structures, qui vaut autour de 4000 dollars. Pour l’instant sur LTO 4 d’une capacité de 800 Go, Prime Cache gère votre archive, permet de copier un projet sur de multiples bandes et fonctione via une connection Gigabit Ethernet.

© Cache A

Pro Cache, son grand frère, est une solution plus musclée, dotée de 2 lecteurs au format LTO 5 (1500 Go), il comprend aussi une connectique eSata ainsi que PCIe, et 4To de RAID. Son coût est d’environ 8000 dollars.

© Cache A

Malheureusement je n’ai pas pu voir la solution Power Cache a l’air intéressante parce que plus modulaire et donc potentiellement à même de reepondre aux besoins d’archivage d’une plus grosse structure. Pour plus de détails je vous conseil de passer un moment sur le site du fabricant.

Autre acteur dans cette même catégorie,  le logiciel Prestore 4 des Allemands de Archiware. Une suite logicielle plutôt, puisque non seulement il permet l’archivage sur disque avec des solutions tierces, mais aussi du backup façon Time Machine et de la synchronisation de fichiers. Le soft tourne sur Mac, PC et Linux mais aussi, et c’est plus rare, sur Solaris. Je vous conseille un tour du site d’Archiware pour mieux comprendre comment leurs clients utilisent ce puissant outil.

© active circle

Au rayon des systèmes intégrés de plus grande taille, il y a indubitablement Active Circle, une société française qui propose un produit de qualité.

La gamme commence avec l’AML 2X qui comprend un serveur, du stockage disque et une librairie LTO de 24 cassettes LTO 5; cet ensemble, avec une capacité max de 36 To coûte environ 30 000 euros. Son grand frère, l’AML 4X, tourne autour de 40 000 euros pour une capacité de 72 To avec une librairie de 48 LTO 5.

Une interface utilisteur de type web, l’Active Media Explorer, permet facilement la recherche, le visionnement et la sélection des clips archivees que l’on veut restaurer.

© active circle

Ces produits sont pleinement compatibles avec le reste des outils d’Active Circle, et on peut envisager des installations avec des capacités bien plus importantes comme celle du le groupe NRJ, par exemple.

THUNDERBOLT

Contrairement a ce qui a été dit ailleurs, je n’ai pas trouvé que thunderbolt soit aussi omniprésent que cela sur les stands. Il fallait en fait se rendre chez les fabricants attendus, La Cie, Sonnet, Caldigit, Gtech et autres, pour voir des produits prévisibles, disques durs et solutions raid. Gtech va prochainement proposer un raid de 8 gigas très compact mais impossible d’en connaître le prix pour l’instant. Plusieurs stands, dont celui d’AJA, étaient équipés de Raids Thunderbolt de chez Promise.

AJA justement proposait des nouveaux produits, comme le IO XT, interface in out SDI seulement, permettant l’acquisition, le monitoring et la sortie vers un magnetoscope via le port thunderbolt. Son prédécésseur, IO express, a été la première solution tierce à être validée pour Avid,  on peut penser que le IO XT suivra. Quand ce sera fait, 1500 dollars permettront d’envisager un workflow portable de qualité Broadcast, à condition bien sur de disposer aussi d’un moniteur.

© aja

IO XT ne permet pas (pour l’instant) d’envisager la même chose avec FCPx. D’ailleurs les gens d’AJA, comme beaucoup d’autres, n’avaient pas grand chose à dire sur le dernier né d’Apple, faute d’infos de Cupertino. AJA proposait aussi une évolution du populaire Kipro, avec désormais la possibilité d’envisager un tournage multicam avec TC commun.

Blackmagic avait un stand encore plus imposant que leur magnifique mais encombrant (et peu ecologique) catalogue papier. Beaucoup de choses intéressantes, avec bien sûr les solutions d’acquisition via Thunderbolt comme l’Ultrastudio, mais aussi un convertisseur Thunderbolt -> SDI, DVI Extender, pour afficher le contenu de votre écran Mac sur, par exemple, une dalle HD à moins de 700 euros, le SmartView HD. Celui-ci est ultra plat et destiné à être installé dans un mur de régie ou une console.

© blackmagic

© blackmagic

Malgré toutes ces belles innovations, dont une série « Heavy Duty » d’adaptateurs au design aussi solide que beau, toujours pas d’ultrascope pour Mac à l’horizon, un manque inexcusable d’après moi.

Blackmagic ayant fait son beurre avec des solutions cartes I/O pour systèmes FCP basés sur des produits Apple, je suis étonné de les voir se lancer dans les mélangeurs avec les modèles ATEM.

© blackmagic

Seuls leurs convertisseurs et routeurs avaient jusqu’ici pris le chemin des studios, mais vu qu’ils appliquent la même recette  prix agressifs + bonnes fonctionnalités, je ne doute pas qu’ils auront succès.

Parmi les projets pas loin d’aboutir, des adaptateurs Thunderbolt et des lecteurs de cartes sxs multiples (Sonnet) qui intéresseront ceux qui ont besoin de sauvegarder leurs rushes, que ce soit de Ex1 ou de caméras Alexa.

Et puisque l’on parle de solutions DIT, à signaler la mort de Storm de The Foundry. Ne pouvant pas lutter avec le logiciel gratuit désormais proposé par RED, ce soft dont on espérait qu’il gèrerait bientôt les fichiers Alexa disparaît. Dommage. Mais The Foundry intègre quelques éléments de Storm dans son nouveau produit, primé a l IBC, Hiero. Celui-ci est un outil de « clip management » destiné avant tout aux utilisateurs de Nuke et il faut donc se tourner vers Pomfort ou Assimilate (et 3Pc) pour des produits orientés « plateau de tournage ».

© nextodi

Des solutions commencent a émerger pour tous ceux qui ont besoin de sauvegarder leurs rushes enregistrés sur cartes de manière sûre. Nextodi, une société coréene, propose le modèle nvs 2525 qui permet à la fois le backup avec vérification checksum, et la copie sur un disque USB,FW 800 ou eSata. Le format de l’écran de contrôle est de taille timbre poste et bien sûr il est impossible d’appliquer un LUT au signal enregistré. Le produit concerne plus,  à priori, les utilisateurs de Ex1 ou dslr que ceux qui shootent en RED ou Alexa.

Pour ceux-ci il n’existe toujours pas de solution idéale. Les systèmes sont en général faits de MacBook Pros avec des solutions de copie en esata dans le meilleur des cas, et des adaptateurs permettant une relecture sur moniteur Broadcast. Mais ces ensembles sont des paquets de nouilles encombrants et aucune solution intégrée n’existe à çe jour, si ce n’est le très haut de gamme proposé par Codex Digital, pour lequel il faut des budgets Hollywoodiens.

Le stand Sony est toujours un passage obligé pour tout visiteur de l’IBC et cette année, comme toujours, on était pas déçus. J’ai retenu une très belle série de moniteurs oled dont les dalles sont identiques mais la connectique et l’électronique diffère.

© sony

Une gamme affichant des images à tomber par terre, mais à un prix que seuls quelques uns peuvent se permettre aujourd’hui: de 11 000 à 27 000 dollars…

Ma dernière visite, un peu à l’arraché, m’a permis de voir Qtube, solution d’editing via IP, donc « in the cloud », de Quantel. On passe là du concept à la pratique et ça fonctionne plutôt bien puisque la précision est à l’image.

© quantel

La demo permettait de suivre la fabrication de sujets d’actu à partir de rushes situés à Londres, avec intégration d’éléments acquis sur place., le tout étant en suite diffusé depuis les locaux de la chaîne.

Le concept n’est donc plus une musique d’avenir mais bien contemporain, et servira certainement d’argument à ceux qui entrevoient dans des produits comme FCPx une véléité de portage sur sur la plateforme iOS/iPad. Mais à ce jeu c’est peut être Quantel qui aura de l’avance, puisque la marque anglaise propose ses API aux développeurs et qu’au détour d’une brochure on trouve cette photo de Qtube browser:

© quantel